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Bush coupe définitivement les ponts avec l'Angleterre.


Hodoul de répliquer : « Ne fais pas l'innocent, depuis un certain temps l'Angleterre subit un déficit commercial avec la Chine des Qing. Déficit dû aux achats massifs de thé qui occasionnent d'importantes sorties de capitaux.
L'enfer est pavé de bonnes intentions :
Hodoul: « La BEIC a imaginé alors d'y exporter de l'opium indien.» « Comme le commerce de l'opium est illégal en Chine, les navires de la Compagnie ne peuvent y importer leur cargaison. Aussi, l'opium produit au Bengale est vendu à Calcutta à la condition qu'il soit convoyé en Chine. »
« En fait le Dutton ne fait pas parti de la BEIC, mais c'est un bateau de trafiquants d'opium. Cela explique, que sous couvert de la couleur noire et des deux bandes jaunes, il passe inaperçu. Mais as tu vu les modifications qu'il à subi? »« Il est armé d'une batterie de vingt quatre canons de 18 livres et il y a de la place pour des caronades. Deux pièces de chasse sur l'avant, deux 24 livres longs. » « Outre ces canons, il a reçu d'autres modifications »
« Sa voilure a été complètement repensée, foc et clinfoc ; de nombreuses voiles d'étais et même un cacatois, gréé au-dessus du perroquet. Le mât de misaine est sur-dimensionné, consolidé par des chaines croisées. Tout à été fait pour en faire une bête de course. Il ne sacrifie pas au confort, en plus des appartements du capitaine, il y a six cabines , sans parler du carré. »
-  « Le Earl of Abergavenny et le Dutton, ont un seul défaut à mes yeux, leurs équipages sont anglais. Mais toi tu t'en moques, n'est ce pas. »

« Oui » répondit Bush,  « je m'en moque, d'autant que les matelots de la BEIC sont de vrais marins. Si je souris, c'est que j'avais oublié ton côté mercantile, tu vendrais de l'opium à un curé en lui faisant croire que c'est de l'encens. »
Hodoul : « A propos d'opium, rassures toi, je n'ai pas l'intention d'aller jusqu'en Chine pour le vendre. Je tiens de sources bien informées, qu'il y a un trafiquant sur l'ile de la Réunion; j'ai ,l'intention d'y faire un saut, veux tu m'accompagner ? »

Une croisiére pour l'ile de la Réunion? C'est ça qu'est bon....Oh ! Hisse !...oh ! Hisse !
Bush : « Pourquoi pas, avec ta lettre de marque, on pourra toujours passer pour tes prises, on emmene le Dutton, Le Sloughi (Le plus grands des deux boutres) et ton Olivette. Qu'en penses tu? »
Hodoul : « Que du bien. Dans un autre ordre d'idée; y a t-il des tortues dans ton ile ? »
Bush : « Tu veux parler de tortues de terre ? Je ne sais pas; mais c'est la saison pour les tortues de mer. »
Hodoul : « Je te dis ça, parce qu'il y a une forte demande de tortues à l'ile de la Réunion et à l'ile de france. Si les tortues de terre sont faciles à transporter, les autres, je ne vois pas comment on peut faire. A moins de saler la viande, ce qui risque de lui enlever de la valeur. »
Bush : « En revanche, c'est la saison de la bonite et des baleines, on peut faire du poisson fumé ou salé? Il y a des problèmes d'approvisionnement en ile de France? »
Hodoul : « Oui , ils manquent de tout, surtout de denrées alimentaires, riz, blé, maîs. La viande, le poisson salés de préférence ont vu leur prix monté en flèche »
Bush: «Avant de partir en croisière, je souhaite que L'Alerte, Le coureur, L'Agricola et le Censeur soient revenus de Tamatave. Que la baie des forbans soient fortifiée, pour résister à une attaque par la mer, comme par la terre. Et lancer la construction des chantiers navals, des résidences et des ateliers que nous avons prévus de construire.
A peu de temps de là, les quatre unités laissées à Tamatave firent leur entrée dans la baie.
Le total des bateaux à l'ancre s'élevait à 15 unités sans compter les barges, qui faisaient la navette avec la plage. Les marées étaient relativement importantes, suffisamment pour mettre en construction un bassin de radoub. Ainsi qu'une jetée, en brise lames, bien utile lorsqu'elle serait terminée.
Une nouvelle inattendue, et confirmée par le bon docteur, fit sur Bush l'effet d'une douche Ecossaise.
(Chére lectrice, je vous doit une explication à propos de la fameuse 'Douche Ecossaise'. Il faut croire que les écossais prennent des douches, moitié chaudes, moitié glacées. La différence par rapport aux français, c'est qu'ils ne mélange pas eux. Un coup ils se brulent, un autre ils se gèlent. Comme quoi ils n'ont pas inventer l'eau tiède,... quand ils ont inventer la douche. Errrreur !......Brrrrr)
Bush est fait pour être papa, comme Hodoul pour être curé:
Serena attendait un événement qu'on ose qualifier d'heureux, lorsqu'il arrive à une femme de vingt ans. Mais moins heureux, pour une de trente cinq. Néanmoins, Dargenson était très optimiste. Il recommandait que Serena reste à terre le temps de sa grossesse; et se proposait pour rester auprès d'elle.
Lorsque Lea prit la décision de surveiller les travaux de « L'arche de Noë » Serena retrouva le sourire.
Bush lui fit construire, des méridiennes, qu'il fit installer aux endroits ou Serena avait l'habitude de se promener. Des balancelles avec vue sur la mer. Des hamacs entre les cocotiers le tout du plus bel effet décoratif. Serena toucée par tant d'attention, essaya d'expliquer a son mari, qu'elle n'était pas malade, mais juste enceinte, ce qui était très différent.
Néanmoins Bush fit doubler les effectifs prévus pour la construction de « L'arche de Noë »
L'endroit était plus calme, et plus aéré qu'au village. En une semaine, les charpentiers de marines, qui avaient l'habitude de travailler dans l'urgence, construisirent « Le château »
'Le château', c'est le nom qu'il donnèrent à la construction, et qui lui resta par la suite.
'Le château' donc, était une grande case en bambous tressés, montée sur pilotis, avec une véranda tout autour. Une chambre à chaque bout et une grande salle commune au milieu.
Les communs étaient séparés de l'habitation principale, ce n'était pas la place qui manquait. Autant échapper aux odeurs de goudron chaud, et à celles des latrines qui ne sont pas bien tolérées par les femmes enceintes, ni par personne d'ailleurs. A l'exception des matelots, qui ne sentaient rien. Je veux dire qu'ils n'étaient pas incommodés par ces odeurs. Par ce qu'un matelot, même après un long séjour à terre, ça sent toujours un peu la saumure et le goudron.
Serena monta avec Bush superviser les travaux :  « Je trouve l'idée des pilotis, très originale, mais pourquoi ne sont-ils pas plus hauts? »
Busch: « Tu trouves, toi aussi qu'ils auraient pu être un peu plus hauts. Quand j'en ai fait la remarque à Aimé; il m'a répondu, que cela suffisait pour que les serpents puissent se glisser dessous, et que s'ils sont plus haut les serpents ne veulent pas venir sous la maison »
Serena : « Effectivement ce serait dommage »« Mais dit leur de tout arrêter, et de rehausser tout d'un mètre, je ne veux pas de serpents, sous mon lit. »
Busch: « J'ai eut la même réflexion que toi, Aimé m'a dit que c'était possible. Mais que je devais choisir soit les serpents, soit les rats » « parce que les Malgaches protègent les serpents qui mangent les rats; et quelques poules, mais très rarement » « Au demeurant, ces serpents sont du genre constrictor, et passent le plus clair de leur temps à dormir, s'il ne chasse pas le rat. »
Serena : « Et c'est sensé me rassurer? »
Busch: « Aimé pouvez vous montrer à Serena, un exemplaire de ces animaux inoffensifs. »
Aimé, se mit à quatre pattes pour se glisser sous une case, et ressorti en tenant la queue d'un de ces boas, il en fit sortir trois mètres environ, avant qu'on pu en voir la tête.
Serena : médusée par la taille de l'animal: « Il sont tous comme ça, et ils sont nombreux là dessous »
Aimé: « Non ils ne sont pas tous de cette taille, celui-ci n'a pas encore atteint sa taille adulte. Quand à savoir combien il y en a, c'est difficile à dire, ils ne sortent jamais dans la journée » Et le fait est que sitôt qu'Aimé eut lâcher la queue de la bestiole, celle-ci se dépêcha de regagner l'abri de la case.
Aimé: « Alors, rats ou serpents »
Serena : « En somme, peste ou choléra » « Va pour les serpents »

Le dessin du 'Chateau' avait été réalisé par Otto, ce qui faillit le faire ressembler à une pagode bouddhiste.
Le résultat ne ressemblait à rien. Du moins à rien de connu, à ce jour.
Le toit, en chaume était très haut, et faisait penser à des croissants de lune, qui se seraient entrecroisés, le tout du meilleur effet.
Un des charpentiers, un peu artiste, et qui avait vu des toits en Chine; avait décorés les bordures et les faitages de petites statuettes d'animaux en bois sculptés. Très ressemblants et assez gros pour qu'on les reconnaisse, ils auraient été appropriés, si les animaux représentés avaient été des singes, des oiseaux, des écureuils, tous susceptibles de grimper sur un toit.
Hélas le sculpteur ne savait faire que des hippopotames, des girafes et de éléphants.
Bush expliqua à Serena que c'était des portes bonheurs, que tous les Malgaches rêvaient de mettre sur leur toit, pour chasser les mauvais esprits. Ce à quoi, elle lui répondit qu'il ne fallait pas la prendre pour une idiote en faisant du 'mauvais esprit'.
Rien à dire pour la terrasse abritée qui faisait tout le tour de la maison.
La rambarde était d'inspiration 'Art neocréole libre, de l'ile de la Réunion', si on en croyait son réalisateur. Traduisait que les montants étaient tarabiscotés, et qu'une frise de feuilles d'acanthes témoignait des origines grecque du charpentier.
(Chère lectrice, peut-être ignorez-vous la symbolique des motifs 'En feuilles d'Acanthes'? Aussi ai-je fais appel à un membre éminent de l'académie des sciences, dont je transcris la réponse intégralement.

« Le symbolisme de la feuille d'acanthe, très utilisée dans les décorations antiques et médiévales, dérive essentiellement des piquants de cette plante.

Selon une légende rapportée par Vitruve, le sculpteur Callimaque, à la fin du Ve siècle avant J.C., se serait inspiré, pour orner un chapiteau, d'un bouquet de feuilles d'acanthe surplombant le tombeau d'une jeune fille. On peut retenir de cette légende, qu'à l'origine, tout au moins, l'acanthe était surtout utilisée dans l'architecture funéraire pour indiquer que les épreuves de la vie et de la mort symbolisées par les piquants de la plante, étaient victorieusement surmontées.
Elle orne les chapiteaux corinthiens, les chars funéraires, les vêtements des grands hommes, parce que les architectes, les défunts, les héros ont triomphé des difficultés de leur tâche. Comme de toute épine, on en a fait aussi le symbole de la terre vierge, de la virginité ; ce qui signifie aussi une autre sorte de triomphe. »
Dans ce cas Serena et Lea n'eurent plus qu'à s'incliner.
Comme disait Lea, en somme on a eut de la chance, que ce menuisier soit Grec, imaginez un peu s'il avait été Egyptien....
Mais lorsque les matelots proposèrent de monter un mât à hunier au milieu de la pièce commune, sous prétexte que cela ferait plus marin.
Lea et Serena opposèrent leur veto. Elles ne purent cependant pas, empêcher l'érection d'un mât au bord de la falaise. Il est de fait que Bush tenait à ce mât, pour en faire un observatoire.
Il avait fait construire son pendant sur la falaise de l'autre coté de la baie. Ainsi deux vigies pouvaient communiquer avec le village ou un troisième mât permettait de hisser les fanions des messages et des réponses. Chaque mât fut peint d'une couleur différente, donc les message commencer par la couleur du mat auquel on s'adressait. C'était simple et astucieux et cela fonctionna très bien.
J'usqu'au jour ou un couple d'aigle pêcheurs, décida de faire son nid sur le hunier du mât du château..
Dargenson se joignit aux femmes pour interdire qu'on détruisit le nid. « C'est une chance inouïe de pouvoir observer cet animal d'aussi prêt. » « Sans compter qu'en cas de danger imminent, le mâle pousse un cri strident qui s'entendra jusqu'au village » « C'est un cri très caractéristique :
Un... 'wah...wah...wah...wah...' cadencé, suivi souvent d'un 'reuff' plus faible. » On ne pouvait pas s'y tromper.
Le seul problème, venait du fait que l'aigle pêcheur, saluait le lever du soleil, comme un vulgaire coq de bassecour. Il ne cessait de pousser son cri que si quelqu'un sortait du château. Bush qui avait l'habitude de se lever au aurores, n'était pas gêné, mais lorsqu'il partit en mer, ce fut une autre paire de manches.
En un mot comme en cent, on se levait tôt au 'château'.
Pendant la construction des habitations, Lea avait commandé des volières et un vivier au bord de l'eau. Le vivier fut une réussite, on y gardait des poissons vivants, des langoustes des tortues, certains pour les soigner d'autres pour les manger, quand ils ne se mangeaient pas les uns les autres.
Hodoul avait mis en construction des hangards pour stocker des marchandises et Jean-René également. Ils s'étaient emménager une habitation à l'étage. Mahaleo dirigeait une équipe de charpentiers qui finissaient le deuxième bassins de radoub. A ses moments perdu, il dessinait les plans de bâteaux, très futuristes.
Ouf ! Tout le monde est prêt ? Alors on y va !
La croisière vers l'ile de la Réunion, pouvait commencer, bien que Hodoul ait pris du retard.
On était convenu de se retrouver dans la baie d'Antongil plus précisément à l'ile de Nosy- Mangabe. Il était bon de le l'indiquer à Hodoul, car la baie s'étend sur soixante kilomètres de long et s'étire sur trente de large .
Bush disait qu'il avait entendu dire, qu'il serait facile de trouver des tortues géantes, à cet endroit. En réalité, la date du premier juin était proche, et il souhaitait obtenir un contact avec les envoyés de Nelson.
On arma le « Dutton » rebaptisé, « le Serena », en lui gardant les couleurs de la BEIC.
Le « Sloughi » qui avait reçu une couche de vernis, brillait de tous ses cuivres.
Leo avait fait confectionner des djellabas blanches pour tout l'équipage, de quoi ressembler à des marins arabes. De vrais matelots arabes venus du « Salouki apportaient une touche de vraissemblance, car ils étaient capables de lancer les ordres en arabes. Pour seconder Leo , Simbad, Outa, Otto et Aimé avaient tenu à l'accompagner. Pierre l'Hermite servirait de second à Bush.
Dargenson avait passer des commandes pour qu'on lui ramène des animaux. Des petits lémuriens. « lémure bambou, Il mesure 25-30cm sans la queue et pèse environ 800 grammes, il ne serait pas bien encombrant.» « Et surtout le lémurien Aye-Aye très rare, une occasion à ne pas manquer »« Si à l'occasion ils tombaient sur un 'Fossa'...., le plus grand carnivore de Madagascar, une sorte de chat sauvage de 1,5 mètres de long pesant 12 Kg, aux moeurs nocturnes »

- Aye-aye il posséde un doigt hypertrophié qui lui sert à dénicher les larves dans les trous des troncs d'arbres morts
- Microcèbe 10 à 13 Cm pour 60Gr
Ils avaient fière allure nos explorateurs:
La baie d'Antongil, n'est pas à plus de trois cents kilomètres de la baie des forbans. Il firent du cabotage à partir de l'embouchure d'une rivière qui se jette dans la mer, à Soanierana-ivongo ( En malgache Soa, ils ont le sens du racoucis) jusqu'à Nosy Mangabe.
L'ile de Nosy-mangabe se situe à trois kilométres de la côte, ils jetèrent l'ancre en face d'un village Antimaroa. Ils furent très bien accueillis, même si Aimé avait un peu de mal à se faire comprendre.
Cette ile ressemblait à un jardin tropical, on y trouvait de tout, sauf des tortues géantes. Les villageois leur vendirent un couple de Aye-Aye et le stock de noix de coco pour les nourrir, un couple de microcébes qui mangent des insectes (Mais quels insectes...? Les malgaches pensent, ceux qu'ils arrivent à attraper la nuit, puisqu'ils dorment dans la journée. Dargenson allait connaître quelques nuits blanches, s'il ne voulait pas voir ses lémuriens crever de faim.).
On leur apporta même un petit fossa qui était sevré. Cela voulait dire qu'il ne buvait plus de lait, mais qu'il se nourissait de lémuriens. Il faudrait qu'il apprenne à manger une autre sorte de viande; car personne n'était d'accord pour tuer un lémurien, à chaque fois que le fossa aurait faim.
En fait la petite bête se comporta comme un gros matou, il s'apprivoisa très vite, et s'avéra un redoutable prédateur de rats, dont il fit son ordinaire.
Sauf le jour ou il rencontra le chat du cuistot, dans lequel il reconnu un rival potentiel, vu qu'ils coursaient tous les deux le même rat. Il paraît que le chat n'a pas souffert, c'est déjà ça.
Les matelot qui aimaient les sobriquets débaptisèrent le 'Fossa' en 'Faux chat', ce qui ne fit pas rire du tout le cuistot.
- Le Fossa est une espèce de gros chat qui peut peser jusqu 'à 12 Kg
Comme fit remarquer Aimé: « Ceux qui sont tomber par hasard sur un fossa ne doivent pas être légion; les malgaches en ont une peur bleue.» « Pour un malgache, les esprits des morts s'incarnent dans des animaux, qui reflètent leur caractère. Donc l'esprit du fossa était certainement un dangereux criminel, cruel et sanguinaire, à éviter à tout prix »

Et voilà que ça recommence,.... on ne peut pas avoir un peu de paix !
Au troisième jour, deux bateaux entrèrent dans la baie, battant pavillons anglais. Deux élégantes frégates de 36 canons le  « Tempest » suivi du « Narval » un 36 également sans doute de fabrication française.
Ils se rapprochèrent de la côte et mouillèrent leurs ancres. Bush avait hissé le drapeau anglais, mais bien que mieux armées les deux frégates, restaient prudemment à distance.
Bush prit la yole avec quatre marins, et se dirigea vers eux . Il se fit connaître « capitaine Bush de La Tamise » et fut autorisé à monter à bord du « Tempest » sans beaucoup d'égards. Le second le pria de le suivre, le capitaine l'attendait dans sa cabine.
L'accueil du capitaine Morrisson, fut des plus froid. « Je suis porteur d'un courrier de l'amiral Nelson, à votre attention » désignant une enveloppe sur le bureau « Il est devant vous, il date de plus de six mois »  « La flotte anglaise se retire de la méditerranée. Les Français sont alliés aux Espagnoles, Bonaparte triomphe en Italie; nous n'avons plus de ports pour une flotte» « Mes ordres sont de vous faire lire le courrier, et de recevoir votre réponse verbalement »
Bush ouvrit l'enveloppe, elle ne contenait pas à proprement parlé des ordres, mais un courrier personnel de Nelson. Duquel courrier il ressortait, que l'amirauté avait apprit sa participation dans l'engagement au large du Cap. Qu'il était considéré comme traitre à l'Angleterre, et donc hors la loi, et sommé de se rendre au porteur de ce courrier. Suivait les regrets sincères de Nelson qui n'avait rien pu faire......etc...etc..
Morrisson enchaina  « Je suppose que vous n'avez pas l'intention de vous rendre »
Bush répliqua « Comment avez-vous deviné »
« Dans ce cas je vous laisse regagner votre bord, puisque vous êtes venu sous pavillon blanc, et que je n'ai pas l'habitude de faire prisonnier les parlementaires » « Mais dés que vous serez sur votre bateau, qui soit dit en passant est la propriété de la BEIC, je vous considérerai comme un pirate »
« Vous n'avez pas bien regardé 'La Serena'. C'était un trafiquant d'opium affrété par un armateur Anglais » « Sachez que si vous ne sortez pas rapidement de la baie, vous risquez d'être pris entre deux feux, car j'attends des renforts, qui ne devraient plus tarder » « Ce serait dommage de priver sa gracieuse majesté de deux frégates toutes neuves, la marine anglaise en a si peu »
« Monsieur Bush je ne vous salue pas. Votre coup de bluff ne prend pas » « Je ne vous raccompagne pas »
Sur ce Morrisson, rouge de colère, se rassit, faisant semblant d'ignorer Bush.
Celui-ci lui tourna le dos en lançant  « Dommage, je vous aurai averti, à bientôt »
Bush sauta dans la yole, en se demandant, si Morrisson, n'allait pas sortir de la baie quand même. Ne serait ce que pour avoir plus de vent pour manoeuvrer. C'est ce qu'il aurait fait à sa place. Mais comme chacun sait, la colère est mauvaise conseillère, or visiblement Morisson était en colère.
Bush passa prêt du Sloughi et dit à Leo qu'il pouvait sonner le branle bas de combat, et manoeuvrer pour aller se cacher entre l'ile et la côte, les vents y était faibles, se serait un avantage pour le bagalla.
Quant à lui, il amènerait La Serena au milieu de la baie et attendrait Morrisson de pied ferme.
Bush avait bien jugé son homme, Le Tempest, qui avait le vent pour lui, fonça sur La Serena.
Alors que le Narval, voyant le Sloughi tirer un bord à raser les rochers, essaya de le rejoindre ou de passer sur son arrière. Le sloughi marchait plus vite que le narval. Ce dernier tira de ses pièces de chasse sans succès. Il remontait moins bien au près et du virer lof pou lof, alors que le sloughi n'entrait pas dans le chenal, mais continuait sur le même bord en serrant le vent au plus prêt, et les récifs aussi.
A ce jeu du chat et de la souris, la souris s'avéra la plus rapide. Le Narval avait perdu du temps, et avec le petit vent, il dérivait vers la côte.
C'était le plan de Leo. Brusquement il mis la barre à tribord toute, et laissa abattre. La manoeuvre prit Le Narval de cour. Il tenta un virement de bord, mais le bateau refusa, se mit à la cap et cula.
Le Sloughi fit feu de sa piéce de chasse, un boulet ramé qui par un coup heureux toucha le mât d'artimon. Le mat passa par dessus bord, retenu par ses haubans.
Cette grosse ancre flottante, fit virer la frégate; mais dans le pire des sens, vers la côte, un banc de sable termina de démâter 'Le Narval'.
Le Sloughi passa à sa portée, et au lieu de l'assommer avec ses caronades, Leo salua le capitaine anglais qui amena son pavillon.
Leo était fier de lui, et il y avait de quoi. Ils étaient sans doute pas si nombreux ceux qui s'étaient emparé d'un 36, en tirant un seul coup de canon.
Et de un:
Pendant ce temps La Serena avait atteint le milieu de la baie, et s'orienta, pour offrir sa bordée tribord. Bush avait fait mettre double charge et la hausse au maximum.
Le Tempest tira avec sa piéce de chasse qui passa à travers le pond pulvérisant une caronade bâbord laquelle eut la bonne idée de plonger par dessus bord, sans faire de victimes. Ce que voyant Bush fit tirer sa bordée. Il ordonna de charger les canons à boulets ramés et les caronades à mitraille et fit virer de bord.
Prenant son porte voie il donna les ordres suivants « Attention barreur, amenez nous à portée de fusil, pour bâbord, tirez au défilement, sans vous presser. La bordée tribord, faites tourner les caronades et les fauconneaux. Visez moi tous les fusiliers dans les huniers de l'anglais. Il n'est pas interdit de faire descendre les mâts avec. Un sac de 100 £ à l'équipage si un mât dégringole »
C'est donc avec des cris de joie, des hurlements d'enthousiasme que La serena défila le long du Tempest.

A cette distance il n'y avait pas à viser, tous les coups portaient. Le seul avantage de La Serena, c'est quelle était équipée de plus gros calibres, et que ses caronades mirent les voiles en charpies. Mais Bush économisa 100 £.
La Serena avait été durement touchée, il fallait savoir quels étaient les dégâts sous la ligne de flottaison. Bush envoya son second et le charpentier dans la soutine. Les nouvelles n'étaient pas bonnes, il y avait une voie d'eau, on mit les pompes en marche.
Une fois sorti de la fumée des canons; Bush garda le cap vers la sortie, jouant sur le fait que toutes ses voiles étaient intactes ce qui n'était pas le cas du Tempest. Pendant une heure, l'un suivant l'autre, la distance ne varia pas entre les deux bateaux. Ils échangèrent des tirs de chasse sans réels succès.
Bush senti qu'on arrivait bientôt à la sortie, car la houle était plus forte, c'est à ce moment là qu'il vit les trois côtres qui lui arrivaient dessus toutes voiles dehors à prêt de 15 noeuds. Ils formèrent la ligne comme de vrais vaisseaux, et passèrent sous le beaupré du Tempest.
Aprés le vacarme des caronades le bruit des six livres, ressemblait à des bouchons de bouteilles de champagne. Un bruit fort sympathique ma foi, qui sentait la fête, à laquelle 'l'Olivette' venait de s'inviter. Bush continua sur son cap pour ne pas gêner les nouveaux arrivants.
Histoire de faire rire Hodoul, Bush fit envoyer le message « A tous engager l'ennemi »
C'en était trop pour Morrisson. Il acceptait sa défaite et amenait ses couleurs.
Et de deux:
Les côtres montèrent à l'abordage.
Bush suggéra à l'Olivette, d'aller voir du côté du Sloughi qui avait mis en panne prêt du banc de sable.
En apprenant qu'il n'y avait pas de tortues dans la baie d'Antongil, Hodoul fut déçu. Mais le fait d'avoir gagner une jolie frégate lui mit du baume au coeur.
Bush proposa, « Si tu venais avec moi sur le Sloughi, et qu'on laisse les jeunes s'occuper de renflouer Le Narval, qu'en dis tu?
Excellente idée, Leo se débrouillera bien sans nous, allons jouer les pachas sur son baggala.
Hodoul, qui depuis quelques temps avait pris des gouts de luxe, fut quand même très impressionné par le raffinement de la décoration intérieure.
Hodoul; « Ben mazette! Si je m'attendais! Ce n'est pas un bateau de guerre! C'est un bordel flottant! ….Elles sont ou les danseuses orientales? »
Bush «  Je n'ai pas eu droit aux danseuses, je l'ai échangé contre La Flamme, un brick avec tout son armement, qui navigue maintenant sous les couleurs du sultan de zanzibar » « C'est son fils qui en est le capitaine » « On pourrait aller lui acheter du clou de girofle un de ces jour, je suis sur qu'on serait bien accueilli »
Hodoul; « « Et si ce sultan veut se constituer une flotte pourquoi ne pas lui vendre une ou deux unités? Mais au fait qu'est ce qu'ils avaient après toi les deux terreurs anglaises? »
Bush; « Ah! oui il faut que je te dise! .. J'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. Je commence par la mauvaise, ma tête est mise à prix à Londres. »
Hodoul; « Tu avait dis que c'était une mauvaise nouvelle, moi je ne trouve pas. Et la bonne c'est quoi ? »
« je n'ai plus de fil à la patte nous allons racheter Les Seychelles à nous deux; et mener la vie dure à tout ce qui flotte et qui a une valeur marchande! »
Hodoul; « Tu sais que tu me plais, quand tu parles comme ça. Tiens! scellons notre association ouvre donc une bonne bouteille. »
Et dire que Bush allait être papa ! Je vous jure ...de vrais gosses ces forbans !
C'est très euphoriques et un peu gris, que les deux compères débarquèrent à la baie des forbans.
Trois jours plus tard toute notre petite escadre était au complet, augmenter de deux frégates de 36 canons que l'on renforça par de grosses caronades, et des rampes de fusées.
Les bassins étaient terminés on y fit entrer « La serena » qui avait souffert du dernier engagement. On en profita pour tout nettoyer et réparer son doublage de cuivre. Mahaleo fit rallonger le beauprés pour monter des focs supplémentaires, ce qui devait la rendre plus manoeuvrante.
Dargenson fut ravi des animaux qu'on lui avait rapporté, pour voir le fossa, il dut passer deux jours à bord, l'animal était en pleine forme, le menu rats ou souris au choix, lui convenait très bien. D'autant que le cuistot pas rancunier, lui gardait des friandises (Dans le genre abats de poulets, et viscères en tout genre, coeur et foie de préférence. Le poumon aussi, mais seulement très frais, encore tiède).Le bon docteur préféra le laisser à bord.
Mais les autres petites bêtes trouvèrent refuge dans les grandes volières de l'arche de Noë. Les Microcèbes trouvèrent refuge dans le tronc creux d'un arbre mort. Ils étaient en liberté, mais ne s'éloignaient jamais beaucoup de leur nid. Si ce n'est le soir à la veillée, ils venaient au château. On pouvaient les observer de prés car ils se tenaient sous les torches qui éclairaient la veranda. C'était en quelque sorte leur restaurant. Les insectes attirés par la lumière, s'y brulaient les ailes et tombaient au pied des flambeaux. Les microcèbes appréciaient cette chasse à l'affut, qui ne leur demandait aucun effort.
Ils grossirent rapidement par manque d'exercice, mais comme il passaient moins de temps à chercher de la nourriture, ils firent des bébés. Pour le plus grand plaisir des forbans, qui apprivoisèrent facilement ces petites peluches vivantes. (Reléguant ainsi 'Coco' et le mythe du perroquet de pirate au rang des antiquités.)
(Chére lectrice, je ne crois pas vous avoir donner des nouvelles de 'Coco' depuis bien longtemps. Tout simplement parce que Coco est tombé amoureux d'une femelle qui passait par là. Il n'a pas hésiter, il a suivi sa 'Cocotte', c'est même la seule fois ou on la vu voler. C'est curieux quand j'y pense: « avez vous remarqué que chez les hommes, c'est les pigeons qui se font plumer par les cocottes? Ce qui parfois les oblige à voler.»)
Nous voilà assez loin des contingences matérielles.
Pour les équipages des deux frégates, Bush leur donna le choix, soit de rester dans la communauté, soit d'embarquer sur le Salouky qui les emmènerait à Rodrigue.
Tous les officiers préférèrent partir pour Rodrigue. Les matelots après avoir discuter avec ceux de La Tamise, restèrent tous. A l'exception de quelques uns qui haïssaient trop les grenouilles, et que la perspective d'apprendre le français ne réjouissaient pas du tout.
Pour la croisière vers l'ile de la Réunion, On emmena les mêmes que pour la baie d'Antongil.
Bush confia le commandement du Narval à Pierre l'Hermite. Comme la Serena avait besoin de petits aménagements, on prit l'Earl of Abergavenny qui fut rebaptiser « La Perle » ainsi que le Tempest . Au dernier moment, Gracay avec L'Alerte demanda à faire partie de l'expédition. Et 'le Serena' aussi (On avait fait vite pour les réparations).
Cette fois ci c'est l'ile de la Réunion,... pour de bon !
Trois groupes se formèrent;
Celui d'Hodoul avec l'Olivette pour porter sa marque, L'alerte, et La Perle.
Celui de Bush , La Tamise comme navire Amiral, Le Tempest La Serena, et le Sloughi
Le Narval et les trois côtres, sous le commandement de Pierre, se chargeraient de l'avant garde et de l'arrière garde.
Première escale prévue un comptoir Français au sud de Tamatave. 'La Palissade'.

Les navires relâchèrent pour faire des vivres à Foulpointe, ils comptaient y rester quelques jours pour faire le plein de tortues.
C'est là que va se situer un épisode déterminant, pour l'avenir des « Forbans »
Rappel de quelques statistiques qui éclaires la situation de la Réunion en 1794.
Lorsque la Révolution française éclata en 1789, on comptait à La Réunion, 61 300 habitants, dont 10 000 Blancs, 1200 affranchis (domestiques) et 50 000 esclaves. En 1793, au cours de la Révolution française, après l'exécution de Louis XVI, l'île fut rebaptisée par la Convention et appelée île de La Réunion en souvenir de la «réunion» des Marseillais et de plusieurs bataillons de la Garde nationale lors de l'assaut du palais des Tuileries. Cette fusion avait permis le renversement de la monarchie. Le 27 juillet 1793, la Convention de Paris proclama l'interdiction de la traite et, quelques mois plus tard, le 4 février 1794, celle de l'esclavage. Le décret prescrivait «l'abolition immédiate» et ne prévoyait aucune disposition sur le dédommagement des propriétaires ou sur l'avenir des «populations libérées». L'Assemblée coloniale de l'île de La Réunion (et celle de l'île de France) se prononça contre ce décret et réclama avec insistance à la Convention sa suppression pure et simple. Les Réunionnais n'obtinrent qu'un sursis et décidèrent alors de ne pas appliquer le décret d'abolition. L'île de La Réunion continua de pratiquer l'esclavage en toute impunité, malgré l'illégalité de la situation.
Extraits du journal de bord du capitaine Tayaud:
« Concernant le décret du 16 pluviôse qui abolit l'esclavage des Nègres dans les Colonies:.....Les Mascareignes ont non seulement fait différer son exécution dans les îles; mais tolèrent le trafic.........Les dirigeants Français décident de passer réellement à l'action aux colonies orientales et d'y faire appliquer ce décret. Sont nommés deux agents, Baco et Brunel, qui  auront pour tâche de mettre en application aux Mascareignes la nouvelle Constitution qui confirme l'abolition de l'esclavage.
En  Juin 1796 les agents arrivent effectivement à l'ile de France..........
Mais après quelques jours de débats passionnés et tortueux, les colons rallient contre eux ceux qui devaient normalement les aider dans leur tâche. Il les embarquent de force à destination des Philippines ! ….....
Baco et Brunel, à peine l'Ile de France hors de vue, obtiennent aisément du capitaine   Tayaud qu'ils les ramènent en France au lieu des Philippines.
Mais pour un si long voyage le navire doit relâcher pour faire des vivres à Foulpointe, sur la côte orientale de Madagascar......
Les agents obtiennent la preuve de l'hypocrisie de la politique soi-disant progressiste des Mascareignes en matière d'esclavage. Ils virent arriver, quasiment en même temps qu'eux, le 10 messidor ( 28 juin ), en provenance de La Réunion, 'La  Sophie Désirée'.
Le navire est, en effet, venu traiter des noirs, alors qu'officiellement, depuis août 1794, la traite est suspendue, sous des peines sévères, à La Réunion.
Baco et Brunel réagissent immédiatement et dans une proclamation datée du même jour, « font défense à Lemonier armateur et Mancel capitaine du dit navire 'La Sophie Désirée', d'acheter aucun noir à peine de rébellion », et de façon plus large,  menacent de sévères sanctions tout ceux qui continueraient à utiliser Foulpointe pour « l'infâme commerce de la traite des noirs. »

Baco et Brunel ne sont pas contents,.... mais y a de quoi !
C'est au beau milieu de ce bras de fer, que battant pavillon Français, Hodoul se présenta à l'entrée de la rade. Rapidement suivi par les deux autres groupes.
Bush tenait une réunion de tous les capitaines, à bord du Sloughi, qui possédait la plus grande pièce pour ce faire. On avait débattu de la répartition des marchandises et des vivres nécessaires à un périple, qui pourrait être long, lorsqu'on annonça un canot et deux visiteurs.
Baco, Brunel et le capitaine Tayaud, puisqu'il s'agissait d'eux, ne s'attendaient pas à être accueillis à la coupée par un tel aréopage d'esprits libres.
Bush se chargea de faire les présentations.
Ils se dirigèrent vers le salon, qui comme d'habitude fit son petit effet.
- Baco prit le premier la parole: « Si j'ai bien compris, seul Monsieur Hodoul à une lettre de marque délivrée par Malartic ? Les autres capitaines, sont donc des pirates au sens juridique du terme. Aucun d'entre vous ne possède de lettre de marque d'une quelconque nation étrangère? »
- Bush répondit que « Non, mais qu'ils n'avaient, jusqu'à présent combattu que les anglais, si l'on excluait la prise d'un négrier arabe. »
Au mot de négrier Baco, réagit comme s'il avait une guêpe dans sa culotte.
- Baco: « Vous avez également fait de la traite? »
- Bush: « On ne peut pas appeler ça de la traite, on à capturer un négrier avec une cargaison de malgaches, qui vivent actuellement libres sur l'ile Sainte Marie » « Nous sommes de farouches défenseurs des valeurs de la Révolution. Même si la terreur a fait de nous des apatrides.» « Je peux dire sans consulter mes amis, que nous avons fait renaître Libertalia. À Sainte Marie.»
- Baco: « Mais vous même, n'êtes pas français, comment se fait-il que vous dirigiez cette communauté? »
- Bush: « Ce serait trop long à expliquer, mais sachez que la terreur n'a pas l'apanage de l'injustice. »
- Baco et Brunel soulagés par ce qu'ils venaient d'entendre, racontèrent, le but de leur mission. Comment et pourquoi, il se retrouvaient là. Ils racontèrent l'histoire de la Sophie Désirée, de son armateur Lemonier et de son capitaine Mancel . Lequel était encore à l'ancre dans la rade; ou d'ailleurs il n'était pas le seul bateau de traite, vue l'odeur qui se dégageait de certains d'entre eux.

- Brunel expliqua que « Si aux termes de leur mission ils n'étaient pas habilités à leur délivrer une lettre de marque. Ils pouvaient, les engager pour lutter contre le trafic d'esclaves.» « Cela pouvait les faire passer du statu peu enviable de pirates, à celui plus confortable de mercenaires français »

- Hodoul qui s'y entendait pour faire des affaires, intervint. « Cette sorte de lettre de marque qui ne vise que la traite, peut-elle être délivrée à tous les capitaines ici présents? »

- Réponse de Brunel « Oui, et surtout à eux, pour vous, en tant que corsaire Français, vous pouvez arraisonner les négriers, mais vous devez amener vos prises à l'ile de France » « Ou, nous savons, qu'elles vous sont rachetées à des conditions pas très favorables pour vous. » « En revanche si vous nous aider à combattre ce fléau, nous vous laissons l'entière propriété de vos prises. »

- Hodoul: « Et de leur cargaison »
- Baco: « Oui, bien sur, à condition de rendre la liberté aux esclaves »
- Hodoul: « Oui bien sur »« Avez-vous un moyen de regagner la France »
- Baco: « Pour l'instant seul le capitaine Tayaud, pourrait le faire, mais il se ferait mal voir par les autorités de l'ile de France »
- Hodoul: « Nous pouvons vous renvoyer en France avec un de nos vaisseaux, si vous nous le rachetez à 75% de sa valeur.
- Bush: « A quel unité fait tu allusion » Hodoul « A l'ancien ça Ira; l'actuel Agricola » « Il est à moi, ou est ton intérêt dans tout cela »
- Hodoul: « Garder ton amitié »
- Bush « A bon tu m'as fait peur » « Pour moi c'est d'accord, fixe le prix »

- Hodoul: « Messieurs à combien estimez vous la valeur d'un 74 canons de « fabrication française avec son armement complet, matelots compris? 30.000 £ vous paraît-il une offre acceptable

- Baco: « Les 75% de 30,000£ font.... »
- Hodoul « Nous ne nous sommes pas bien compris, les 30,000 £ sont déjà les 75% de sa valeur» « Si on ajoute 250 matelots confirmés et 250 malgaches cela fera 40.000 £ tout rond » «  A condition d'être payer en or à la mise à disposition de l'Agricola » «  A savoir dans quinze jours, ici même » « En attendant, vous êtes nos hôtes à bord du Sloughi, nous allons vous montrer vos cabines, nous mettons à disposition Monsieur Tsiranana pour la rédaction des documents, il connait le nom de tous les capitaines concernés, le tout peut être signé dés ce soir » 
- Hodoul: « Bush pouvez vous envoyer un canot à l'Olivette, pour y prendre une caisse de vin de champagne que j'ai mise au frais dans une cave spécialement conçue à cet effet. »

- Brunel et Baco étaient tout sourire. Hodoul et Bush aussi.


Et comme ça tout le monde est content :

Une fois les deux plénipotentiaires sortis Bush se tourna vers Hodoul

- Bush: « Bravo pour cette brillante négociation, puis-je savoir quel sera le montant de ta commission ?
-Hodoul: « 50% …..pas sur les 40,000 £, qui sont ta propriété, mais sur les prises des négriers. Tu as sans doute compris, que sans toi je n'ai aucun intérêt à faire la chasse aux trafiquants pour relâcher les esclaves, et toucher 50% de la valeur de leur bateaux pourris. Si en revanche, ta lettre d'accréditation prévoit la propriété des prise à 100% il faut tomber sur les négriers, quand ils viennent acheter les esclaves, les arraisonner avec de l'argent à bord. Dés qu'on aura les lettres, j'enverrai les côtres fouiller systématiquement tout ce qui flotte dans ce port. Ensuite on va former des malgaches pour aller espionner le réseau sur la grande ile. Car les négriers vont sans doute déménager leur base d'embarquement, après le coup qu'on va leur faire. »

- Bush ; « Bien raisonné, j'ai une autre idée, on pourrait laisser les boutres dans cette rade, tant que la nouvelle n'est pas connue. Avec des équipages en djellabas, ils passeront inaperçu. Leo recueillera les informations des espions et décidera des interventions à terre. »
- Hodoul : « Il va être content d'apprendre qu'il devra porter une djellaba, un peut comme le chevalier d'Eon qui se déguisait en femme » « Il y a un seul point noir, il ne parle pas arabe »
- Bush: « C'est vrai, mais il parle le breton couramment » « cette langue est assez barbare pour passer pour un dialecte persan, ou araméen »

- Hodoul : « En attendant fait le venir qu'on le tienne au courant. »

- Leo trouva l'idée de l'espionnage « Fantastique », il devait partir de suite chercher l'Agricola, trouver 250 marins français qui avaient le mal du pays et souhaitaient rejoindre la France. Et 250 malgaches qui ne rêvaient que d'une chose devenir des marins Français.
Sélectionner des espions malgaches, avec Aimé pour les encadrer.
Et surtout, récupérer tout l'armement qui n'était pas strictement nécessaire. C'est à dire laisser un canon sur deux, une arme à feu sur deux, la moitié de la poudre.

- En revanche veiller à faire le plein en eau douce, une cargaison de fruits, quelques zébus et des moutons, plus de la morue salée s'il en restait.

Muni de ces recommandations Leo mit à la voile, pour rejoindre la baie des forbans.

A foulpoint on fit manoeuvrer, les plus grosses unités pour barrer la sortie vers le large.

La fouille de la Sophie Désirée, ne laissait aucun doute quant à son activité. Ce fut le cas de douze autres bateaux, la plupart des boutres. Le plus grand d'entre eux fut utilisé pour transporter les équipages, vers la côte d'Afrique ou ils furent débarqués. Un grand nombre demanda à rester à bord de leur bateau ou ils avaient leurs habitudes. Voilà une flotille pour faire du cabotage qui n'aura pas couter trop chère.

On fit charger deux boutres avec des tortues de Tulear et de quoi les nourrir, jusqu'à la Réunion. Les boutres avaient été rebaptisés Tesem et Barzoï

Leo était revenu, suivit de l'Agricola, qu'il avait fait repeindre aux couleurs de la marine Française.
On embarqua Brunel et Baco, à qui Leo proposa de faire le tour du 74 réduit à un petit 40.
Mais ils déclinèrent l'invitation. Ils furent sensibles au fait qu'ils auraient chacun une cabine et que le capitaine serait Guillaume-Jean-Noël La Villegris. Les 40,000 £ furent acquitées ; 10.000£ en piéces d'or, 10.000 en perles fines le solde par un billet à ordre sur un Chinois de l'ile de la Réunion, un certain « Fu Ché »

Les autres boutres partir pour la baie des forbans, avec des zébus et quelques esclaves qui attendaient d'être embarqués.



On va finir par y arriver un peu de patience :

Hodoul et Bush naviguèrent de conserve, la route ouverte par Pierre. Sur une mer calme et un vent qui permettait un petit 6 à 7 noeuds à peine.

- Mais ils arrivèrent droit sur Saint Denis.

Le mouillage de Saint Denis, n'était pas très abrité. Ils choisirent de continuer jusqu'à la baie de Saint Paul. Aussitôt débarqués, il se mirent à la recherche de FU Ché.

Ils n'eurent pas de mal à trouver Monsieur Fu Ché, tout le monde le connaissait on l'appelait; « Monsieur Fouché (un peu comme le ministre des finances de Louis XIV)».

En fait ministre il ne l'était pas, mais de fiances, il s'en occupait et pas qu'un peu.

Il semblait régner sur le commerce et plus particulièrement sur le commerce maritime. Les bureaux de la compagnie d'affrètement étaient au dessus des entrepôts qui portaient son nom. On voyait une enseigne indiquant, 'Ets Fouché et Fils'. Bush et Hodoul mirent le cap sur cette raison sociale.
Le jeune homme qui venait vers eux ne correspondait pas à l'idée que nos amis se faisaient d'un banquier chinois.
-  «  Bonjour Messieurs, je suis ravi que vous veniez me voir. Votre flotte n'est pas passée inaperçu, qu'elle est la nature de vos cargaisons? »
- Hodoul lui montra son billet à ordre: « Je souhaiterais régler cette opération bancaire avant de parler commerce »
- « Je comprends la confusion » « Vous voulez voir Monsieur Fu Ché le banquier, mon père » « Moi je suis Monsieur François Fouché armateur et grossiste » « Nous avons francisé notre nom au moment de notre naturalisation. » « permettez moi de vous offrir des rafraichissements, en l'attendant »


Ben quoi? disait le hérisson en descendant de la brosse à chaussure; tout le monde peut se tromper.

L'attente fut assez longue, mais, personne n'eut à s'en plaindre; surtout pas nos amis.

François été un jeune homme affable, qui rêvait d'aventures, et que les aventures des autres, faisaient rêver.

Mais lui aussi avait de quoi faire rêver nos compères. François leur expliqua:
- « Notre activité commerciale, s'est beaucoup développée, depuis l'arrivée des français de Pondichery. Le développement de la culture de la canne à sucre et plus récemment de la vanille, nécessite beaucoup de main-d'oeuvre. Vous vous êtes rendu compte en arrivant, que le volcan 'Le Piton de la fournaise' crache un nuage de cendres. Cette terre volcanique est très adaptée à l'agriculture, Il pleut beaucoup au dessus de 500 mètres. Autant d'atouts pour les cultures, mais pas celle du riz, nourriture de base de tout le monde sur l'ile, sauf des européens. A part les asiatiques qui se sont habitués à utiliser les ressources naturelles; les autres préféraient mourir de faim, que de changer leurs habitudes. La banane, le manioc, les noix de coco, et le poisson, sont à profusion, il suffit d'aller les cueillir, ou les pêcher, les asiatiques s'y sont adaptés, pas les autres. » « C'est pourquoi, je vous ai tout de suite demander si vous aviez des denrées alimentaires dans vos bateaux » C'est Bush qui répondit:

- « Oui, des bonites et de la tortue de mer fumées, des tortues terrestres de Madagascar, et un stock de morues salées qui a deux ans »
- « Vous avez de la morue salée? » « Quelle origine »
-  « Hollandaise, sans doute, ou Française je ne saurais le dire, mais les inscriptions sur la 'caque' vous en diront plus »
- « Pas de café, ni de riz » « Dommage, pensez au café la prochaine fois, celui de Madagascar est remarquable » « Pour la morue le prix est extravagant, je n'en ai pas acheté depuis que la France est en paix avec la Hollande et l'Espagne » « Les tortues aussi valent de l'or, on n'arrive pas à les élever sur l'ile, elles ne trouve pas de quoi manger » « Quant au poisson fumé, peut-être que les esclaves accepteraient d'en manger, mais c'est moins apprécié que la viande de tortues de mer vivantes»

Comme quoi un fouché peu en cacher un autre :

Sur ces entrefaites Monsieur Fu Ché, fit son entrée. Il salua à la mode des mandarins 'Samaste' dont il portait le costume, et la coiffure. Bush et Hodoule lui rendirent son salut en cassant le buste; ce qui fit pouffer de rire Monsieur Fu Ché.

Il s'adressa à eux en anglais et en français, il parlait sans accent les deux langues.
- « Bonjour messieurs, vous me voyez aujourd'hui dans ma tenu de banquier, c'est mieux pour les affaires. Mais dés que je ne suis plus en activité, je m'habille comme mon fils. L'avantage, c'est que si les gens me vois vêtu à l'européenne, ils savent que je ne travaille pas et ne me parlent pas d'argent. »
-  « En quoi pourrais-je me rendre utile? »
- « Pouvez vous honoré ce billet ?» dit Hodoul en lui tendant le document.
- « Mais certainement, avec un délai de quinze jour, le temps de demander à mon frère, qui est sur l'ile de France, de m'envoyer des liquidités » « Autre chose? »
- « Oui » répondit Hodoul connaissez vous un chinois du nom de 'Thang Yu'? Il habiterait le centre de l'ile! »
- « Mon fils et moi le connaissons très bien, il a une réputation un peu sulfureuse, mais avec notre protection, vous ne risquez rien » « Il habite le cirque de Mafate, vous verrez c'est merveilleux. C'est a huit jours de marche d'ici »« Quand souhaitez vous y aller? »
- « Le plus tôt possible, disons dans trois jours »

Monsieur Fu Che, leur demanda de l'excuser; il avait des affaires à mettre en ordres avant leur voyage.

- François leur demanda: «Souhaitez-vous le paiement des marchandises immédiatement, ou ouvrir un compte à vos noms. En choisissant le compte, celui-ci ne sera crédité qu'une fois les marchandises vendues, la commission de courtage n'est que de 5% dans ce cas, au lieu de 10%.
- Hodoul demanda si la société des « Forbans de l'ile Sainte Marie », pouvait devenir actionnaires dans la société « François Fouché »?
- François répondit « qu'il était le directeur, mais que ses comptoirs appartenaient à divers membres de la famille, et qu'il faudrait tous les réunir pour faire voter cette proposition. » « En revanche, j'ai deux ou trois projets, sur lesquels on peut envisager une association, sans délais »
- « Le premier, concerne la mise en exploitation de marais salants dans le sud de Saint Gilles»  « Lieu dit Etang salé, ou j'ai acheté tous les marécages d'eau saumâtre
alentour, mais qui nécessiterait beaucoup de main d'oeuvre pour voir le jour »
- « L'autre, un élevage de zébus et de moutons dans les cirques, Cilaos, Mafate et Salazie.» « Il faudrait trouver des reproducteurs; »
- « Le troisième est la créations de rizières entre les deux rivières, Le bras de Cilaos et le bras de la plaine » « Le besoin de main d'oeuvre est encore plus important que pour les autres projets » « Nous aurons le temps de réfléchir à tout cela pendant le voyage »

Bush et Hodoul se dirent très impressionnés par le dynamisme de la famille Fouché, et qu'une étude plus approfondie leur semblait nécessaire.

Quand des marins se mettent à faire de l'alpinisme :

François, trouva des chevaux, pour Hodoul, Bush, Simbad et Outa, plus des mules pour transporter l'opium et le matériel que françois avait chargé. Le dit matériel consistait en poulies, en cordes et une structure en métal comme une grande corbeille. Il leur dit que son père était parti avec deux jours d'avance, il utilisait une carriole sur la moitié du trajet, et finissait à cheval sur un mulet.
Nos amis s'étonnaient qu'on eut besoin de tant de câbles, pour grimper au cirque. François leur expliqua que ce n'était pas pour monter, mais pour redescendre qu'ils utiliseraient des cordes et une passerelle.

Comme ils atteignaient un petit village nommé 'Le Bois de nèfles', ils se rendirent compte qu'ils étaient sur une crête à 200 mètres d'altitude, qui courrait parallèlement à la mer. On voyait la ville de Saint Paul et le port au loin.

Mais ce qui était le plus remarquable, c'était deux gros cordages qui de poternes en poternes reliés les deux endroits.
Le système était très astucieux, la nacelle munie d'une poulie et d'une corde qui la reliait au point haut, descendait par la force de son poids, un zébu attaché à une sorte de cabestan, faisait remonter la nacelle, vide ou peu chargée. Ce système, servait plus à redescendre, qu'a remonter.
Grâce à ce système ingénieux, pour plusieurs jours d'ascension, la descente pouvait s'effectuer en moins de trois heures, dans les parties équipées, et quelques heures de marche pour le reste.
Nos amis étaient très admiratifs, ils suggérèrent une amélioration du système pour ne pas avoir à faire remonter la nacelle avec un zébu. Mettre sur un câble en boucle, deux nacelles à l'opposé l'une de l'autre. Pendant que celle qui était chargée descendait, elle faisait remonter l'autre vide. Il fallait demander à Otto de faire une maquette, pour résoudre les problèmes qui se poseraient au croisement des deux passerelles.

Par la crête depuis le bois des nèfles, ils gagnèrent la rivière des galets, qui ressemblait plus à un torrent de montagne qu'à une rivière. Cela n'avait rien de surprenant, car il prenait sa source au grand Bénard à 2.900 mètres d'altitude. La pente était toujours très forte; à certains endroits il chutait sous forme de cascades.

Le sentier était si pentu qu'il était nécessaire à certains endroits de descendre de cheval et de continuer à pieds.
Plus ils montaient plus le paysage changeait, ils étaient au fond du cirque à 1.500 mètres et les sommets qui les entourés à prêt de 3.000 mètres. Comment décrire cette impression d'écrasement, ils avaient l'impression d'avoir rétrécis.

La température avait progressivement perdue 10° à 15°, alors que l'air semblait plus lourd. Peut être était-ce que la marche nécessité plus d'effort par manque d'oxygène, c'était comme si les jambes pesaient une tonne.
On fit de fréquents arrêts, au soleil à l'abri du vent, personne n'avait envi de parler,
la beauté de cet espace hors du temps inspirait le respect.

De petites ascades, tombaient des sommets
- Et de grandes aussi.

La forêt tropicale était loin derrière eux, plus de moiteur, plus d'odeurs lourdes, de l'herbe à perte de vue, avec un arbrisseau par ci par là. Bush comprit tous les avantages,qu'un tel site présentait pour faire de l'élevage.
On vit bientôt, quelques constructions, entourées de potagers avec des cochons noirs qui s'avancèrent curieux au devant des visiteurs. Suivis de quelques gamins, qui couraient vers eux en tendant les bras pour qu'on les fit monter à cheval.
C'est dans cet équipage que François les guida vers une grande maison, construite sur une élévation.

Ce qui attirait l'oeil ; ce n'était pas la maison par elle même, encore quelle était belle par sa simplicité; c'était le décor du jardin qui l'entourait . Un petit torrent venait des montagnes en arrière plan, pour se jeter dans un petit lac, bleu marine. L'écoulement de l'eau du lac avait été canalisé avec beaucoup de naturel en de multiples bras qui se rejoignaient dans des mares, d'où ils semblaient repartir encore plus nombreux, pour cascader de barres rocheuses en barres rocheuses.

Il n'y avait aucun grand végétal dans ce jardin, rien que de l'eau et du minéral. Le décor était le résultat de rochers de couleurs différentes, et de pierres aux formes variées.
Ici plates et gris foncé, là, rouge sang, mises en valeur sur un lit de sable de corail blanc. L'eau zigzaguait entre des rochers de granites, qui ressemblaient aux dos d'hippopotames, puis elle se prélassait en coulant sur un escalier de dalles de schiste.

Les carpes khoï qui vivaient dans les bassins, apportaient les taches de couleurs qui seules bougeaient dans cet univers figé.

Un vieux monsieur portant un chapeau conique, ratissait les allées qui sillonnaient ce décor de théâtre. Un théâtre où l'art le disputait au naturel dans un concours d'élégance à faire pâlir 'Lenôtre'.

Comme dit le proverbe chinois;  « Si par un beau matin de printemps, tu vois deux chinois là ou il n'y qu'un, que ton coeur ne se gonfle pas d'orgueil, tu ne supportes pas le sake !

François guida nos amis vers ce personnage,  « Monsieur Thang Yu, ces messieurs souhaitaient vous rencontrer. »
- Thang Yu: « De quoi voulez vous m'entretenir »
- Hodoul répondit « d'opium »
- Thang Yu: « Vendeur ou acheteur? »
- Hodoul: « Vendeur »
- Le vieux monsieur se retourna « Vendeur, vous êtes décidément des gens plein de surprise »

En fait, c'est Hodoul et Bush qui eurent la surprise de se retrouver devant Monsieur « Fu Che »

- Hodoul: « Diable d'homme, avez vous encore beaucoup d'identités différentes, ou bien « Thang Yu » est la dernière?
- Fu Che: « C'est la seule, ce n'est pas une autre identité, c'est un pseudonyme, une prononciation à la chinoise de « Thank you » « Comment trouvez vous mon j ardin » et « Ou avez vous eu votre opium »
- Bush « Je trouve cet endroit déroutant, et envoutant encore plus en parlant d'opium. Nous avons trouver ce chargement dans une prise anglaise, il devait servir à payer du thé je suppose »
- Fu Che: « quelle quantité voulez vous vendre? »
- Bush; « Deux cents kilos »
- Fu Che:« C'est une belle quantité, je comprend qu'il ait fallu autant de mules, pour le transport »


A ce moment là on vit arrivé en pleine course un lévrier qui se coucha aux pieds de Monsieur Fu. Il portait une pochette à son collier, Monsieur Fu en sorti un message.

Messieurs, votre cortège n'est pas passé inaperçu. Je m'en doutais, une petite troupe de brigands vous à suivi depuis votre départ. Ils sont six à cheval, armés de pistolets et de sabres, vraisemblablement des marins.


Cela va être très dur de rester zen dans ces conditions:

- Hodoul « Six seulement contre nous quatre, avec Simbad qui en vaut deux à lui tout seul, ils sont imprudents »
- Fu Che: « Oui surtout quand je vous aurai montrer mon arsenal, ...Suivez moi »

Il les emmena dans une vaste salle, ou étaient alignés tout autour des mannequins supportant des cuirasses samouraï.

- Une des armures de monsieur Fu Ché.


Les murs étaient équipés de râteliers d'armes blanches, d' arcs de formes divers. Une table faisait étalage de pistolets, variés et très modernes. Une autre présentait des fusils et de carabines. À coté de chaque arme une boite contenait leur munition.

- Monsieur Fu expliqua, «J'ai également deux fauconneaux, que l'on peut mettre en batterie devant la maison, mais je préférerais qu'on les prenne vivants si possible, j'aimerais savoir qui les envoie. »

Tout le monde eut besoin d'aide pour mettre en place sa cuirasse. Une fois équipés, ils avaient l'air si féroce, qu'ils s'amusèrent beaucoup.
Outa prit son temps pour essayer plusieurs arcs avant de se décider. Il ne porterait pas de casque, cela le gênait pour viser.
Bush choisit deux pistolets à canons rayés avec un système d'amorce et de percuteur, il n'en avait jamais vu de semblables.
Hodoul, trouva deux fusils à deux canons, qui se chargeaient à mitraille.
Simbad pris deux haches, dont une de lancer.

Notre troupe se cacha derrière la maison, en selle, attendant les ordres de Monsieur Fu.
Il était monté par un escalier dans une mezzanine d'où il voyait les arrivants. Ceux ci avançaient en file indienne au pas, et semblaient étonnés du peu d'animation qui régnait dans le village.
Lorsqu'ils furent arrivés à 100 mètres de la maison; Monsieur Fu proposa de se partager en deux groupes et de sortir de chaque coté.

En pesant le Yin et le Yang, il vaut mieux être du coté du manche que de prendre la cognée..Surtout en pleine tête.

L'ennemi ne s'attendait sans doute pas à se voir chargé par des chevaliers Samouraï.

- Bush et Hodoul ont vraiment l'air féroce déguisés en Samouraï.


Les assaillants se ressaisirent mais n'étant pas sûrs d'eux, ils tirèrent de trop loin avec leurs pistolets.

Monsieur Fu répliqua, en tirant deux flèches, une dans chaque bras de sa cible.

Hodoul fit feu avec son premier fusil, les deux coups en même temps, ce qui lui arracha l'arme des mains. Il cala l'autre sur sa hanche, et lâcha les coups séparément, son adversaire prit les deux giclées de billes de fer en pleine visage, il était mort avant de tomber de cheval.

Outa fonça sur son adversaire qui le chargeait sabre haut, les deux chevaux, se frôlèrent au grand galop. Le sabre faucha, là ou se trouvait le buste d'Outa, mais ne rencontra que le vide. Le bandit fit faire volte face, à son cheval. Mais il ne pouvait pas voir le cavalier qui courrait accroché au pommeau de la selle. Au moment ou les chevaux se croisaient, Outa bondit et retomba en selle à l'envers. Il lança son tomahwak, qui se planta dans l'omoplate
droite de l'homme .
Bush arrêta son cheval pour mieux viser son adversaire qui chargeait le sabre d'abordage en l'air. Le premier coup, du frapper la coquille du sabre qui s'envola. Mais le deuxième de la main gauche passa au ras de la tête du cavalier, tellement au ras, qu'elle emporta un morceau d'oreille.
Et comme dit le bon docteur, avec le nez, l'oreille c'est ce qui saigne le plus. Le bandit devait donc se réjouir de ne pas avoir reçu de coup sur le nez.
Simbad, ne se sentait pas à l'aise sur un cheval, même déguisé en chevalier Chinois.
Il mit donc pied à terre et attendit son adversaire.

Sous-Titre

 


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